La production artistique de Rosa Arango s’articule autour de la narration. Ses peintures, estampes, ou dessins donnent corps à des thématiques comme la descente aux enfers, le sabbat et la sorcellerie au sens large, dans une esthétique que l’on peut qualifier de réalisme magique. Il s’agit d’utiliser la logique du rêve et l’apparente incohérence d’images qui s’entrechoquent pour former une proposition visuelle construite représentative de l’occulte. Tout comme le rêve est interprété selon les contraintes d’une conscience revenue à elle, la démonologie est analysée hors de son référentiel. Son propos est d’effacer l’éventuelle hiérarchie entre ces deux mondes : l’occulte et le réel ; et de signifier que le premier est interprété à l’aide des normes du second ce qui ne permet pas son accès. Se confronter à ce type d’images, souvent perçues comme violentes dans l’imaginaire collectif, n’est pas évident. Son parti-pris est d’employer des couleurs vives, que l’on peut qualifier de séduisantes, pour amener le regardant à s’y intéresser et finalement à le capter, voire le captiver. Ses résidences de recherche à Riosucio en Colombie et à Rome lui permettent au moyen de rencontres avec des chercheurs, archéologues et spécialistes de mener des enquêtes précises et poussées pour réinterpréter des divinités à l’iconographie rare afin de mettre en lumière des figures dont l’image a été peu représentée.